Revue de presse du mois de juillet

Après une pause au mois de juin, voici la revue de presse du mois de juillet. Vous y trouverez les principaux sujets liés à l’environnement qui ont occupé les pages des journaux nationaux francophones. Comme toujours, n’hésitez pas à me contacter pour me mentionner les oublis et les omissions, et porter à l’attention des sujets d’actualité qui peuvent intéresser les historiens de l’environnement.

Lac-Mégantic

L’accident ferroviaire d’un train transportant du pétrole qui a explosé et provoqué un incendie ravageant le centre-ville de Lac-Mégantic a fait les manchettes durant tout le mois de juillet. Après le choc du drame humain qu’a causé l’accident, les préoccupations environnementales ont monopolisé l’attention. L’événement est qualifié de pire déversement terrestre de l’histoire en Amérique du Nord. Deux grandes questions canalisent les énergies : la première concerne la dépollution et la reconstruction des lieux environnant le site de l’accident, dont la décontamination des sols et les dommages causés par le déversement de carburant dans la rivière Chaudière (où plusieurs municipalités s’approvisionnent en eau potable); et la seconde concerne les questions de sécurité et de responsabilité en matière de transport ferroviaire des matières dangereuses, qui s’étendent à l’échelle nationale, voire internationale.

Incendies forestiers

Si la période estivale est toujours aux prises avec les incendies forestiers, le mois de juillet 2013 fait couler beaucoup d’encre sur le sujet. Plusieurs feux d’une envergure peu commune et hors de contrôle ont menacé plusieurs les habités, forçant les populations à l’évacuation. Le problème de la menace des installations d’Hydro-Québec et les pannes d’électricité engendrées dans les régions des Laurentides et de Montréal ont aussi montré l’importance de la menace que font peser les incendies forestiers dans le Nord du Québec. Au nord du 51o, on estime à 500 000 le nombre d’hectares de forêt détruits par le feu. La destruction de l’environnement forestier et des installations touristiques de la Côte-Nord suivant l’inaction de la SOPFEU a soulevé de nombreuses questions. Des questions qui viennent remettre en cause le mandat et le fonctionnement de la SOPFEU, dont les limites nordiques de ses interventions et les procédures d’intervention.

Oléoduc

Si la tragédie de Lac-Mégantic a donné un moment aux promoteurs des projets de pipeline des arguments en faveur de ce mode de transport, le débat n’est pas clos. Les citoyens et les municipalités se sentent de plus en plus concernés et inquiets quant à la protection des sources d’eau potable ainsi qu’à l’intervention et la responsabilité des compagnies en cas d’accident. Les inquiétudes sont d’autant plus grandes que les promoteurs n’ont plus à recevoir l’accord de Transports Canada depuis que la Loi sur la protection des eaux navigables a été modifiée, et que le gouvernement fédéral a remis à l’Office national de l’Énergie le devoir de statuer en matière d’environnement.

Matières résiduelles

L’industrie des matières résiduelles apparaît de façon récurrente sous plusieurs dimensions dans les journaux. On note combien l’exportation des matières recyclables est devenue un secteur économique important pour le Québec, mais qui fait foi aussi du manque de dynamisme de l’industrie dans la province, avec notamment la fermeture de la seule usine de recyclage du verre au cours des derniers mois. D’un autre côté, les dernières entreprises de taille moyenne en gestion et traitement des matières résiduelles sont convoitées par les géants internationaux (notamment américain) qui se sont formés au fil des dernières années.
À Montréal, l’atteinte des objectifs concernant le compostage des déchets alimentaires préoccupe l’administration. Les objectifs visés pour 2015 sont remis en question, alors que les pratiques sont encore en rodage.

Voici quelques articles ponctuels. Si ces sujets n’occupent pas une grande place dans les journaux, leur thème est intéressant quant aux pratiques environnementales.

« Construction en zone inondable. Québec impose son tracé à Laval »

Le gouvernement avait déjà imposé des restrictions quant aux constructions immobilières dans les zones inondables en 1995. Les limites de zonage ont été révisées en 2005, mais plusieurs MRC ne s’y sont pas conformées. Face aux débordements des cours d’eau qui se multiplient, l’État utilise cette fois un décret pour faire respecter les limites. Après avoir apporté de transformations aux zones riveraines pendant des années au profit du développement immobilier et urbain, l’habitude de la construction en bordure des cours d’eau semble en voie de se transformer au Québec. (Paul Journet, La Presse, 12 juillet 2013, p. A11)

« Pas de générateurs radioactifs sur le fleuve »

La saga entourant le transport des déchets radioactifs de la compagnie ontarienne Bruce Power par bateau vers la Suède a pris fin, du moins momentanément. Le permis délivré par les autorités canadiennes en 2009 a expiré avant que la compagnie n’ait pu réaliser son projet de transporter ses déchets aux fins de recyclage par voie d’eau. Les délais ont été dépassés en raison des protestations suscitées par les craintes d’accidents radioactifs sur la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Il reste à trouver un autre moyen de disposer des déchets. (Joshua Learn, Le Soleil, 28 juillet 2013, p. 13)

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Maude Flamand-Hubert

Je suis doctorante en développement régional à l’Université du Québec à Rimouski, en cotutelle en histoire moderne et contemporaine à l’Université Sorbonne-Paris IV. Mon projet de recherche s'intitule La forêt québécoise au XXe siècle: politiques et représentations. De l'automne 2012 à l'hiver 2015, j'ai été repsonsable du volet francophone du blog The Otter - La Loutre pour la NiCHE. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions concernant le site internet et si vous souhaitez y publier une chronique. à l'adresse maude_flamand-hubert@uqar.ca

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