Revue de presse du mois de mai

Voici la revue de presse du mois de mai faisant état des principaux sujets ayant un lien à l’environnement dans les journaux nationaux francophones.

Afin de ne pas alourdir le contenu, je n’indique pas les sources. Le but est seulement d’offrir un bilan rapide des sujets portés dans l’actualité. Cependant, si jamais vous souhaitez avoir des détails, n’hésitez pas à me contacter. Comme toujours, vous pouvez aussi me contacter pour mentionner les oublis ou omissions, et porter à l’attention des sujets d’actualité qui peuvent intéresser les historiens de l’environnement.

Pesticides
Le printemps et le temps des semences ramènent à l’avant-scène certaines questions concernant l’agriculture. L’utilisation des pesticides est de celles-ci, et plus particulièrement, l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage des semences. Les poussières de pesticides sont reconnues dommageables pour les abeilles et d’autres espèces fragiles. Des centaines de ruches avaient été décimées en 2012, sonnant l’alarme. Un problème planétaire qui trouve des échos au Québec. La Fédération des apiculteurs demande d’ailleurs au gouvernement de légiférer pour bannir l’utilisation de ce pesticide.
De façon plus générale, des études récentes démontrent une augmentation de la concentration et du nombre de pesticides retrouvés dans l’environnement et surtout dans les cours d’eau.

Berges du Saint-Laurent
Le recul des berges tout le long du fleuve Saint-Laurent et dans la Baie des Chaleurs préoccupe les maires des municipalités riveraines. Ceux-ci interpellent le gouvernement afin de mener un inventaire des secteurs à risque et d’intervenir pour prévenir l’érosion et réhabiliter les berges.

Eau potable
Le gouvernement du Québec va de l’avant avec un règlement sur l’eau qui protège les sources d’approvisionnement municipales. Les forages pétroliers ou pour le gaz naturel seront interdits à moins de 300 mètres des sources d’eau et des études hydrologiques devront être menées dans un rayon de deux kilomètres des forages prévus. Un programme de suivi et de surveillance sera également mis en place. Ce règlement, jugé insuffisant par plusieurs, s’inscrit dans les suites de la saga qui oppose la ville de Gaspé à la compagnie Pétrolia. La municipalité avait adopté en janvier 2013 un règlement municipal interdisant les forages sur son territoire pour protéger l’approvisionnement en eau potable.

Mines
La question minière demeure au cœur des préoccupations des Québécois. Parallèlement, les changements prévus pour moderniser la Loi sur les mines (vieille de cent ans) ont été déposés à l’Assemblée nationale. Sur le plan environnemental, en plus d’exiger que chaque projet d’exploitation soit soumis au BAPE, le projet de loi prévoit le versement préalable des montants nécessaires à la restauration des sites et l’exigence de déclarer annuellement les quantités de minerai prélevées ainsi que le montant des redevances. Le gouvernement entend faire inclure une clause obligeant les compagnies à mener des études de faisabilité sur la transformation du minerai en territoire québécois. Des mesures jugées insatisfaisantes par plusieurs acteurs. La préséance du développement des mines sur l’aménagement du territoire dans la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme continue d’être contestée, malgré le pouvoir donné au MRC quant à l’exclusion de l’activité minière dans certaines zones.

Biodiversité
Le Conseil québécois des municipalités pour la biodiversité a été créé au cours du mois de mai par le Réseau Environnement. Cette nouvelle organisation soutiendra et stimulera, par différentes mesures, le développement des bonnes pratiques dans le domaine de la biodiversité au sein des municipalités.

Musée de l’environnement
Environnement Canada a aboli la majorité des postes associés à la mission muséologique et éducative du Musée de l’environnement, compromettant la survie de l’institution. Logé dans la Biosphère, l’ancien pavillon des États-Unis construit pour l’Expo 67 et devenu un symbole de la ville de Montréal, il s’agit du seul musée de l’environnement en Amérique du Nord. Bien que les lieux demeurent ouverts au public, comme l’oblige l’entente de gestion entre Environnement Canada et la ville de Montréal, propriétaire des lieux, les services de valorisation et de diffusion disparaîtront. Des météorologues prévisionnistes prendront plutôt possession des lieux. De nombreux intervenants voient dans ces coupures la fin annoncée du musée.

Nord
Les interventions du gouvernement québécois concernant le Nord soulèvent des questions. En matière d’infrastructures, des investissements ont été annoncés, mais on critique l’absence de plan d’affaires. Les inquiétudes planent concernant les cibles de conservation du territoire nordique québécois dans le cadre du « Nord pour tous ». L’absence du ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, lors des activités de relation publique, ainsi que l’effacement de certaines informations concernant les cibles sur le site internet du gouvernement, fait craindre le pire aux environnementalistes.

Hydrocarbures
La déclaration du ministre de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves- François Blanchet, selon laquelle le gouvernement était un partenaire de l’industrie pétrolière a soulevé beaucoup de réactions. De même que le flou et les contradictions qui entourent l’évaluation de la filière pétrolière et l’évaluation de l’exploitation des gaz de schiste par le BAPE. Alors qu’un moratoire a été annoncé pour le schiste dans la vallée du Saint-Laurent, les pétrolières peuvent quant à elles poursuivre leurs activités d’exploration malgré la méconnaissance des impacts des forages, notamment à Anticosti.

Pétrole de l’Ouest
Les projets d’approvisionnement en pétrole en provenance de l’Ouest canadien au Québec soulèvent plusieurs débats. Si les arguments économiques sont en faveur du projet, les risques environnementaux associés au transport inquiètent, et plus particulièrement l’inversion du flux du pipeline reliant Sarnia et Montréal. Des groupes se forment en faveur et contre le projet d’Enbrige. Certaines questions concernent aussi les moyens de compensation liés à la production des gaz à effet de serre par le pétrole issu des sables bitumineux.

Saumon
Le gouvernement fédéral envisage d’inscrire le saumon Atlantique sur la liste des espèces en péril, ce qui lui donnerait préséance sur le gouvernement québécois en matière de gestion du saumon, malgré la juridiction provinciale sur les eaux douces. Alors que fédéral gère ailleurs le saumon par grandes zones géographiques, le modèle québécois privilégie l’échelle de chacune des rivières. On craint aussi le manque d’expertises au sein du gouvernement fédéral en matière de gestion du saumon. Québec souhaite que son expertise soit reconnue et maintenue en ce domaine.

Souveraineté alimentaire
Le gouvernement du Québec a lancé au cours du mois de mai sa politique de souveraineté alimentaire. Plusieurs groupes jugent que cette politique s’inscrit davantage dans le secteur agroalimentaire qu’agricole. Le principal objectif de la politique consiste à stimuler l’achat de produits alimentaires transformés au Québec. La cible de 50% du panier d’épicerie est avancée, mais le coût élevé des produits québécois fait craindre des difficultés quant à l’atteinte des résultats. Si le respect de l’environnement est au cœur du discours, les mesures concrètes concernant la protection du zonage agricole demeurent absentes de la politique.

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Maude Flamand-Hubert

Je suis doctorante en développement régional à l’Université du Québec à Rimouski, en cotutelle en histoire moderne et contemporaine à l’Université Sorbonne-Paris IV. Mon projet de recherche s'intitule La forêt québécoise au XXe siècle: politiques et représentations. De l'automne 2012 à l'hiver 2015, j'ai été repsonsable du volet francophone du blog The Otter - La Loutre pour la NiCHE. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions concernant le site internet et si vous souhaitez y publier une chronique. à l'adresse maude_flamand-hubert@uqar.ca

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