Pour la suite du monde : 50 ans après

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Cette année 2012 souligne le 50e anniversaire de la réalisation du film culte Pour la suite du monde. C’est en 1962 que Pierre Perrault et Michel Brault allaient à la rencontre de la population de l’Isle-aux-Coudres pour faire parler celle-ci d’elle-même, de sa vie insulaire, et surtout pour l’emmener à retourner sur les traces des vestiges de la pêche aux marsouins (bélugas) pratiquée traditionnellement jusqu’en 1924. Les habitants voulaient en perpétuer la mémoire, « pour la suite du monde », comme l’a si bien dit l’un d’eux. Ils tendront la pêche, piquant les harts suivant le tracé laissé par restes de chicots plantés par leurs ancêtres sur les battures, formant le tracé des cages servant à emprisonner le marsouin. Ils captureront ainsi un béluga qui prendra ensuite la route de l’aquarium de New-York.

La caméra et le micro ont alors su capter le rapport de ces gens à leur milieu de vie, dans une langue tout aussi authentique que les attitudes, pour en faire le premier long métrage québécois en cinéma direct. Qualifié de chef-d’œuvre, ce documentaire ethnographique et poétique demeure une référence qui a certainement marqué les générations suivantes dans leur façon de voir et d’appréhender l’insularité et le fleuve Saint-Laurent. Un y retrouve une vie rythmée par les saisons, les marées, la religion et la musique, entre la mer et la culture de la terre. Un film d’une grande beauté qui pose un regard sensible et incomparable sur la tension entre tradition et modernité, et comment s’y inscrivent les rapports à l’environnement.

Les gens de l’Isle-aux-Coudres ont souligné cet anniversaire avec des festivités au cours de l’été et de l’automne. On peut les suivre sur facebook : http://www.facebook.com/pages/Pour-la-suite-du-monde-la-suite/3147238985….

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Maude Flamand-Hubert

Je suis actuellement stagiaire postdoctorale à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et au Centre interuniversitaire d’études québécoises (CIEQ). Mon projet de recherche porte sur les forêts privées et sur la relation entre les modes de tenure et les couverts forestiers. J'ai soutenu en 2017 ma thèse de doctorat, intitulée "La forêt québécoise dans la première moitié du XXe siècle : représentations politiques et littéraires" (cotutelle en développement régional à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et en histoire à Sorbonne Paris-IV).

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